Éperviers du Togo : les raisons évidentes de l’échec de Claude Le Roy

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La première édition de la CAN à 24 se déroulera sans le Togo d’Emmanuel Adebayor, dernier de son groupe et éliminé. La vision 2019 de Claude Le Roy a donc échoué. À l’heure du bilan, il faille élucider les causes de ce fiasco du technicien français. Décryptage de l’échec d’un “sorcier blanc”

Claude Leroy débarque à la tête des Éperviers du Togo en Avril 2016 en pleine campagne des éliminatoires pour la CAN 2017. À l’époque, le Togo avait pris déjà 7 points sur 12 possibles avec Tom Saintfiet à sa tête. Une arrivée d’un entraîneur de renommée, et de poigne capable de faire progresser les Éperviers à tous points de vue.

Les acquis de Claude Le Roy

L’indiscipline voilà ce qui rêgnait en maître au sein des Éperviers. Des joueurs qui n’en faisaient qu’a leur tête. Depuis l’arrivée de Claude Le Roy à la tête des Éperviers, les choses sont rentrées dans l’ordre. L’ordre et la discipline sont de retour et c’est le groupe qui en profite.

Les moyens toujours disponible…

Aucun entraîneur de l’histoire du Togo n’aura réussi à obtenir autant de moyens de la part de l’État Togolais. L’équipement mis à la disposition des Éperviers a beaucoup progressé : de la vétusté du matériel, on est passé à de matériels modernes. Et c’est pas le staff médical de l’équipe nationale du Togo qui s’en plaindra.

Le Togo, présent lors des journées FIFA…

Il l’a promis aux Togolais et il a tenu parole. Les Éperviers ont parcouru le globe terrestre pour disputer des matches amicaux à toutes les journées FIFA depuis l’arrivée du technicien français. Une première dans l’histoire du football togolais.

La promotion des jeunes talents, un atout

 

Après la CAN 2017, Claude Le Roy a lancé un vaste chantier de reconstruction de la sélection togolaise, en écartant bon nombres de joueurs, pour faire de la place aux jeunes qui sont appelés à prendre le pouvoir. Résultats, émergence des jeunes à l’instar d’Ouro-Sama Hakim, de Denkey Kevin, Barcola Malcom.

Cependant, malgré les avancées obtenues par Claude Le Roy, il est normal de constater que les échecs sont aussi là, comme pour toute oeuvre humaine..

L’échec des éliminatoires de la CAN 2019

Premier et gros échec de Claude il est là. Sa mission à son arrivée était claire : qualifier le Togo pour la CAN en 2019, une première à 24 nations. Mais il n’en sera rien. Le Togo ne sera pas en Egypte en été prochain. Barré sur sa route par le Bénin et l’Algérie.

Cet échec est la plus lourde que le français devra porter. Un échec qui signifie “la fin logique de mon aventure avec le Togo”, déclarait-il au soir de la défaite face à l’Algérie en novembre 2018 à Lomé. Pour l’heure, Claude Le Roy reste en place car “pas inquiet de son avenir personnel “, a t-il lancé le 24 mars 2019 à Cotonou.

Le manque de résultats…

Sous Claude, les Éperviers ont disputé 26 rencontres pour 8 victoires, 8 nuls et 10 défaites. En matchs officiels le bilan est plus que négatif. 11 matches officiels (3matches à la CAN 2017, 8 matches éliminatoires des CAN 2017 et 2019) 2 victoires(Djibouti et Gambie), 4 nuls( Libéria, Côte d’Ivoire, Bénin, Gambie) et 5 défaites.

La relation humaine, la pomme de discorde 

Claude Le Roy et Guy Akpovi, le président de la FTF

Critiqué pour sa relation peu courtoise tant avec les joueurs que la presse, Claude Le Roy n’a pas réussi à se mettre le public togolais exigeant dans sa poche. Traité de “colon” parfois par le public et la presse.

Au nombre de sa relation humaine difficile avec ses hommes, on notera le départ de plusieurs joueurs comme Jonathan Ayité, Serge Akakpo, Serge Gakpé et le dernier en date est la brouille avec Alaixys Romao qui a été écarté du nid des éperviers pendant deux ans, avant d’être rappelé.

L’exaspération de la presse est arrivée quand son responsable de communication a déclaré que le sélectionneur “n’écoutait ni ne lisait la presse sportive togolaise”. Une attitude considérée comme orgueilleuse par la presse togolaise.

Le manque de concurrence dans le nid des Éperviers

Il a bien pris l’habitude de mettre ses joueurs dans un total confort ne leur mettant pas de concurrence. Quand Claude a les yeux sur un joueur il donne l’impression de ne regarder que lui. L’exemple il est au niveau des gardiens. À son arrivée il n’a utilisé que le seul Agassa Kossi dont on connaissait déjà la capacité et refusant de voir les Tchagouni Baba et Cédric Mensah à l’oeuvre. Conséquence, CAN 2017 trois matches, trois gardiens utilisés.

La même situation est vécue avec le goal Bassa Djeri Sabirou mis dans un total confort depuis son match mémorable contre l’Algérie lors de la première journée des éliminatoires. Les postes de latéraux non plus, ne sont pas soumis à concurrence, alors que la sélection bavait à ces postes.

Un entraîneur tout puissant, mais en manque d’inspiration

Claude Le Roy échappe à un contrôle total des instances dirigeantes du football. Ni le ministère des sports, ni la Fédération Togolaise de football ne sont capable de rappeler le technicien français à l’ordre. Pour un Oui ou un Non, Claude pouvait se permettre de contacter le Président de la République.

Le contenu de son contrat ? Nul ne sait. Lors de l’audition des comptes de la CAN 2017, l’auditeur a déclaré n’avoir pas pu avoir accès au contrat du sélectionneur.

Sa relation avec les membres du comité exécutif est exécrable. Pour preuve, dès son arrivée une brouille avec le 2e vice-président pour un refus d’avoir accès aux vestiaires de l’équipe nationale. Et comme ce là ne suffisait pas, le Tout puissant Claude a chassé du terrain, les membres de la fédération le samedi lors de la reconnaissance de la pelouse du stade Mathieu Kerekou en marge du match Benin-Togo de dimanche 24 mars. Un incident qui vient après celui de la veille où le sélectionneur du Togo a refusé que le véhicule du chef de délégation soit à la tête du convoi des Éperviers en route pour Cotonou.

Le parcours de Claude Le Roy avec les Éperviers ne fut pas un long fleuve tranquille. Les résultats sur le terrain n’ont pas suivi. Un bilan comptable négatif.

En somme, l’épisode Claude arrive à sa fin puisque son contrat de trois ans expire en principe fin mars sinon, début avril. Mais, en attendant de savoir s’il continue ou non l’aventure avec le Togo, les leçons doivent être tirées pour preparer au mieux les prochaines échéances.

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